Pierre Lagacé

Nos ancêtres


Publié le vendredi 20 juin 2008

Le premier immigrant irlandais du Canada

20 juin 2008

 

Mon père aimait beaucoup les Irlandais, en fait la très grande majorité des « Canadiens-français  » s’en accomodent très bien. Beaucoup d’orphelins irlandais ont été adoptés par des familles canadiennes-françaises. Certains disent que 40 % des Québécois ont du sang irlandais.

 

Je ne me rappelle pas que mon père m’ait parlé d’ancêtres irlandais cependant. Dans mes recherches généalogiques, je n’en ai pas trouvés. Sauf que je viens d’apprendre que ma femme en a.

 

Comme nous ne sommes pas le lundi des Belles Histoires, vous pouvez me croire. Je n’invente rien!

 

Voici donc la fascinante histoire de TEC CORNELIUS AUBRENAN.

 

Je me suis largement inspiré d’une présentation faite à la British Isles Family History Society Of Greater Ottawa lors d’une conférence en 2002. Cette présentation avait été faite par Louis Aubry, un des descendants de Tec Cornelius Aubrenan.

 

Le mois dernier, j’avais reçu un courriel d’une autre descendante qui avait remarqué des liens entre elle et des personnes que j’avais inscrites sur le site Généalogie du Québec. On a échangé des informations et des photos. Elle connaissait une des tantes de ma femme et aussi sa grand-mère, une fille d’Onésime Aubry... un autre descendant de Tec Cornelius Aubrenan.

 

Voici la seule photo que j’ai d’Onésime Aubry. Il est l'arrière grand-père maternel de ma femme.

 

 

Elle m’a mentionné le nom de Louis Aubry et je lui ai envoyé un courriel. Monsieur Aubry est aussi un généalogiste et il m’a permis de parler de lui et de son ancêtre Tec Cornelius Aubrenan dont la fiche était déjà sur le site Généalogie du Québec.

 

J’ai aussi reçu un appel téléphonique de monsieur Raymond Aubry, également un descendant de Tec Cornelius Aubrenan. Nous avons échangé également des renseignements et des photos.

 

Comme le texte de monsieur Louis Aubry est en anglais, je vais en traduire les principaux passages. Voici la traduction :

 

Ma recherche pour retrouver le lieu de naissance de mon ancêtre Pierre Aubry, anciennement Tec Cornelius Aubrenan, commença dans ma jeunesse. Mon père, Auguste Eugène Aubry, un tabaconiste en gros bien connu ayant sa place d’affaires sur Sussex Drive à Ottawa, raconta à ses sept enfants qu’ils étaient tous des descendants d’un Irlandais Tadgh Cornelius Ô'Braonâin ou Tec Cornelius Aubrenan, tel qu’écrit lorsque celui-ci foula pour la première fois le sol de la Nouvelle-France ou du Canada. Le regretté Claude Aubry, qui était le bibliothécaire en chef de la bibliothèque municipale d’Ottawa, avait aussi mentionné le fait que Tec Cornelius Aubrenan était l’ancêtre de la majorité des Aubry au Canada et aux États-Unis.

 

Mon projet de recherche a réellement commencé quand j’étais étudiant en maîtrise. J’ai consulté le Dictionnaire des familles canadiennes de Tanguay à la bibliothèque Morrissette de l’Université d’Ottawa. Tec Cornelius Aubrenan y était inscrit comme étant né en 1632, marié en 1670 (à Jeanne Chartier de Paris, en France) et inhumé en 1687, à l’âge de 55, à Pointe-aux-Trembles.

 

Son nom apparaît dans le recensement de 1663 comme étant Thècle Cornelius Aubrenan, le seul individu d’une population totale de 596 qui n’était pas né en France. Il déclare qu’il ne peut écrire ni son nom ni son pays d’origine. Dans le recensement de 1667, il apparaît comme étant Tècle Cornelius et dans le recensement de 1681 comme Jacques Tecaubry.

 

Pour en apprendre plus sur le nom O'Brennan ou Ô'Braonâin, j’ai consulté le livre Irish Families - Their Names, Arms and Origins écrit par l’ancien héraut en chef de l’Irlande, Edward MacLysacht. Sous l’entrée O'Brennan, MacBrennan l’auteur écrit :

 

« Le clan principal des O'Brennan était celui d’Ossory; ils étaient les chefs d’ Ui Duach (mod. Idough) dans la partie nord du comté de Kilkenny. Leur influence s’estompa naturellement avec la montée de la puissance anglaise dans la province de Leinster, et bien que plusieurs O'Brennans conservèrent des parties de leurs anciens domaines, le XVIIe siècle vit beaucoup de ceux-ci réduits à devenir des « raparee », des pilleurs, - en fait plusieurs bandes notoires de Tories dans la province de Leinster avaient des Brennan à leur tête. Au siècle suivant, un des plus intrépides et chevalresques de tous les voleurs de grand chemin, James Freney, comme il l’affirmait, suivait les traces des derniers Tories Brennan...  »

 

On retrouve un récit des O'Brennan d’Ossory dans le « Journal of the Royal Society of Antiquarians ».

 

Jusqu’à tout récemment, on pouvait retrouver un site Internet des plus complets sur la famille Brennan. C’était le site « The Brennans of Idough, A Family History » de Jim Brennan. Les renseignements suivants viennent d’une des pages du site.

 

On croit que... « les ancêtres de la famille Brennan arrivèrent en Irlande au Ve siècle av. J.-C. et qu’ils s'installèrent dans la partie nord de Kilkenny peu de temps après la naissance du Christ. »

 

« Les Brennan seraient tous des descendants de Cearbhall (prononcé Carroll), le roi le plus connu d'Ossory. Par toutes sortes de machinations politiques, il devint le roi des Vikings en Irlande en 873 de notre ère. »

 

« Le nom Braonan signifie habituellement triste, bien que certains se demandent si un roi des Vikings n’a pas nommé son fils d’après Braon, le dieu celtique de la guerre. Une autre signification du mot est corbeau, celui aime la bagarre. »

 

« En 1637, les Anglais vendirent les terres des Brennan à Christophe Wandesforde. Les Brennan réagirent en brûlant les maisons, nivelant des fossés et détruisant les récoltes. »

 

Le livre, A History of the Brennans in Idough, County Kilkenny, par Thomas A. Brennan Jr, parle de plusieurs Brennan et Brannan (anciennement O'Brennen, Ô'Braonâin) qui émigrèrent aux États-Unis au XVIIe siècle.

 

Un fait intéressant est que le père de Tec Cornelius Aubrenan était Connor O'Brenan. On mentionne dans le livre qu’un Connor mac Firr O'Brenan possédait des terres à Idough et en fut chassé en 1635. Comme mon ancêtre est né dans les années 1630, son père Connor O'Braenain aurait pu être mêlé à cette affaire.

 

L’auteur mentionne aussi que lors de la deuxième moitié du XVIIe siècle au Maryland (une période où la colonie était majoritairement catholique) se retrouvaient une Eleanor Brenan en 1677, un John Brannan en 1678, et un Cornelius Brannon et un Philip Brannan en 1699; un Patrick Brannan se maria au Maryland en 1719.

 

Comme on retrace mon ancêtre à Montréal en 1661, bien avant toutes ces personnes, Cornelius pourrait être le premier immigrant irlandais, non seulement en Nouvelle-France, mais aussi en Amérique du Nord.

 

La suite, la semaine prochaine...

 

Joyeuse Saint-Jean-Baptiste!

    Vendredi 20 juin 2008

Par: PLagace | Permalien | |


1 Commentaire :

Commentaire écrit le vendredi 20 juin 2008 à 14:48:36 (lien)
André Joncas - http://blogue_a_andre.monblogue.branchez-vous.com/
Bonjour monsieur Lagacé,

Il y a quelques années, j’ai fait un travail de généalogie sur les familles Aubry de Saint-Sauveur-des-Monts, à cette occasion j’ai trouvé le lien irlandais de ces familles du comté de Terrebonne.

Bonne Saint-Jean-Baptiste et je vous invite sur mon le blogue d’André, ou je raconte « Une Fête de la Saint-Jean qu'on ne peut oublier... » Merci.

André Joncas




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