Le premier immigrant irlandais du Canada
Je sais que ça fait longtemps que j’ai parlé de Tec Aubrenan et ça fait longtemps aussi qu’un de mes fils veut connaître la fin de l’histoire.
Mais raconter l’histoire du premier ancêtre irlandais qui a laissé plus de 2500 descendants partout en Amérique, ça prend du temps.
Voici donc la suite de l’article de Jack Aubry, un ancien journaliste du Ottawa Citizen qui a eu la piqûre pour la généalogie...
Monsieur Aubry m’a demandé de lire mes articles avant, traduction oblige.
Il a lu celui que j’avais mis en ligne le mois dernier en attendant de pouvoir le rejoindre et il a lu celui-ci.

Le patriarche de notre famille, Tadhg Cornelius O'Brennan, fut donc la première goutte de ce qui allait devenir le raz-de-marée de l’immigration irlandaise, une immigration qui a eu un puissant impact sur le Canada, du début de sa fondation jusqu’à maintenant.
Au moment de la Confédération, 25 pour cent de la population canadienne était d’origine irlandaise. Et, à ce jour, les Canadiens d’origine irlandaise forme le cinquième groupe ethnique au pays : plus de 3,7 millions de Canadiens disent avoir des origines irlandaises dans le recensement de 1996. Vous pouvez m’ajouter, sur le tard,dans cette liste.
Un portrait surprenamment saisissant de la vie de Cornelius, après son arrivée en Nouvelle-France dans les années 1650, se dégage des archives paroissiales, de celles de la Cour et des recensements, aussi bien que dans les livres d’histoire, les journaux personnels et par les découvertes sur la famille Aubry faites par des recherchistes.
Tec Cornelius Aubrenan est né en 1632 et, dans la vingtaine, ayant l’âme d'un pionnier en quête d’aventures, il s’enfuit de son pays natal où les catholiques étaient persécutés par leurs nouveaux maîtres anglais.
Cornelius s’établit à Ville-Marie sur l'île de Montréal, en premier comme ouvrier agricole et soldat, puis comme coureur des bois et finalement comme fermier et trappeur.
En 1661, il est enlevé par les Iroquois et amené avec eux comme esclave. Un vrai survivant, il est un des rares colons kidnappés à se sortir vivant d’une telle mésaventure.
Cornelius était coriace, mais il était aussi une personne facile à vivre : ça ne le dérangeait pas comment on l'appelait en autant qu'il était accepté par ses compatriotes français. Le prénom Tadhg, qui est Timothée en galois, changea à plusieurs reprises en Tec, Tècle, Teague, Thècle et même Jacques. Son patronyme subit le même sort: O'Brennan devient Aubrenam, Tecaubry, Aupri et Obry. En 1687, au moment de l’enterrement de mon grand-père de la sixième génération, son nom avait été changé par Pierre Aubry.
De toute évidence, un homme trapu, si vous regardez la plupart des descendants Aubry, il aurait détonné au beau milieu d’une foule parlant français vu son accent particulier et ses manières d’agir typiquement galloises. En 1633, un habitant de l’île qui l’avait aperçu à Ville-Marie le décrit comme un drôle de vagabond irlandais portant une ceinture en peau de porc-épic.
En 1670, Cornelius entend parler qu’un bateau rempli de femmes à marier arrivait de France. Il sait qu’il vaut mieux se rendre à Québec plutôt que de se contenter du reste des femmes non choisies à Ville-Marie. Il se rend donc à toute vitesse à Québec, le premier arrêt en Nouvelle-France du navire pour se choisir une femme – une Parisienne du nom de Jeanne Chartier. Ce fut le début d’une famille canadienne de 330 ans avec plus de 2500 descendants.
La suite de cette belle histoire d’amour vendredi prochain... Promis, juré.





